J'ai le coeur en passoire

Samedi, mars 6 2010, 12:42, Par Francky
J’ai le cœur en pas­soire
Le cœur qui brûle au fond
Qui tourne et tourne en rond
Au fond d’un cré­ma­toire…

J’ai le cœur en pas­soire
Servi à des géants
De géants sen­ti­ments
Pour un verre d’espoir…

J’ai le cœur en pas­soire
Et le noir est ma peur
Quand l’étoile se meurt
Au fir­ma­ment du soir…

J’ai le cœur en pas­soire
Et le cœur en vio­lon
Mes lar­mes sont le son
Des vies à émou­voir…

J’ai le cœur en pas­soire
Comme un rocher pro­fond
Étrange, où se mor­fond,
Un royaume illu­soire…

J’ai le cœur en pas­soire
Autour de moi l’amour,
Fait des ronds de vau­tour…
Le cœur en balan­çoire…

J’ai le cœur en pas­soire
Piqué sur une bro­che
Ficelé, tout fan­to­che,
Prêt pour la rôtis­soire…

    Commentaires

  1. @lexiS

    Un très beau poème. Cepen­­­dant j’ai eu du mal à sai­­­sir quel­­­que chose. Tu dis ”qui tourne, tourne en rond au fond d’un cré­­­ma­­­toire. ” et aussi ” mes lar­­­mes sont le son des vies à émou­­­voir” je n’ai pas com­­­pris.

    Ami­­­ca­­­le­­­ment,

    Alexis.

  2. Francky

    Alors :)

    Je m’en vais expli­­quer :

    “Le cœur qui brûle au fond
    Qui tourne et tourne en rond
    Au fond d’un cré­­­ma­­­toire…”

    Niveau lexi­­co­­gra­­phie j’ima­­gine que tu as com­­pris que je sous-entends le “four” dans “cré­­ma­­toire”.
    “Le cœur qui brûle” : c’est une image facile à com­­pren­­dre, je ne vais pas me per­­dre des­­sus. C’est cette image qui expli­­que d’ailleurs la méta­­phore du four cré­­ma­­toire : mon cœur est une inno­­cente vic­­time qui va mou­­rir par le feu (la pas­­sion).
    Arrive le “au fond”, qui n’est repris qu’ensuite dans “au fond d’un cré­­ma­­toire”.
    Le fait d’inter­­ca­­ler le “qui tourne, et tourne en rond” per­­met d’éten­­dre les idées de pani­­que/dou­­leur/con­­fu­­sion pro­­pres aux pro­­pos jusqu’à la forme elle-même du poème (la répé­­ti­­tion de “tourne” ren­­force encore cette idée).
    On note un jeu de sono­­rité entre “fond” et “rond”. Cela recrée un peu l’effet de la scène qui se répète, du cœur qui tourne en rond, pri­­son­­nier de ses sen­­ti­­ments. Or le cœur est un organe vitale (et je détourne le sens lit­­té­­ral volon­­tai­­re­­ment)…
    Voilà pour l’expli­­ca­­tion une.

    “J’ai le cœur en pas­­­soire
    Et le cœur en vio­­­lon
    Mes lar­­­mes sont le son
    Des vies à émou­­­voir…”
    Pour vrai­­ment com­­pren­­dre il faut remar­­quer en tout pre­­mier lieu le paral­­lèle entre cœur/lar­­mes et vio­­lon/son.
    Pour­­quoi le vio­­lon ? C’est un ins­­tru­­ment qui exprime sou­­vent la tris­­tesse, ou tout du moins, une cer­­taine “pro­­fon­­deur d’âme” (Air suite N.03 de Bach par exem­­ple, splen­­dide…).
    Je veux dire par là que mon cœur est comme un vio­­lon dont les lar­­mes seraient la musi­­que… Mon cœur serait donc fait “pour la peine”, mais une peine néces­­saire à pro­­duire la splen­­deur de l’émo­­tion (la musi­­que).
    L’expli­­ca­­tion du der­­nier vers cité en découle : pour émou­­voir les autres, leur trans­­mette comme une quin­­tes­­sence de la vérité, du bon­­heur, et de l’amour… (Devien­­drais-je fou…)

    Allez, en espé­­rant t’avoir éclairé, bonne ren­­trée il me sem­­ble Oo (bonne chance dans ce cas eussé-je dû dire…)

    Franck

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