La Mort vous délivre !
La mort, c’est la liberté ! Car il ne peut y avoir de liberté sans la mort. La mort vous délivre du monde. La mort est bénéfique ; elle donne aux hommes ce qu’ils s’acharnent à chercher dans leur vie : la suppression des contraintes, ou le bonheur, mais c’est en vain qu’ils y aspirent. Tandis qu’à vouloir être libre, on en reste contraint, enchaîné à une liberté illusoire, les Hommes n’ont pas encore compris que la liberté ainsi que la mort sont les deux mêmes entités qui règnent sur le monde, dans une osmose plus puissante que la vie ou que l’amour, et qu’en dénigrant l’autre, ils dénigrent la première ; qu’en recherchant la première, ils s’approchent de l’autre.
Recouvrez la vue, mes amis ! Recouvrez-la ! Saisissez mes paroles au-delà des barrières que les mœurs ont fixées ! Allez, libérez-vous ! Vivez, soyez heureux ! Vous qui prêchez la vie, et calomniez la mort ! Nourrissez-vous du pain de la désillusion. Votre monde éphémère, pour toujours condamné, a ses relents amers, et la mort est damnée… Mais pourtant vous savez que la raison me guide ! Vous savez bien pourtant pourquoi l’onde se ride. Vous savez bien pourquoi, vous déprimez toujours : c’est que vous avez cru aux mensonges d’amour !
Saisissez-la la mort, c’est votre délivrance ! Comme ce Dieu d’amour, que vous prêchez sur Terre, vous saurez qu’elle aussi, est miséricordieuse. Si vous la repoussez, elle pardonnera. Elle a un cœur aussi, elle a pitié de vous ! Saisissez-la très fort, étreignez son doux corps !
La vie est l’agonie qui conduit à la mort. Pourquoi souffrir ainsi, d’un si malheureux sort ? Vous pouvez la rejoindre maintenant, pour toujours, n’attendez pas demain, la souffrance des jours !
La mort, vous la brisez, infâmes créatures ! Elle vous tend la main, quand vous la déguisez ! La vie frotte ses mains, en aiguise sa faux, elle qui chaque jour, vous coupe un peu de peau… Résistez ! à sa lame alifère ! Venez plutôt goûter aux libertés qu’aux fers ! Mourez sur-le-champ même, car si vous attendez, vous mourrez bien quand même, et vous n’aurez gagné que d’horribles souffrances… Les larmes sont des morceaux de ciel trop acide, qui descendent vos joues, qui piquent vos bajoues… Résistez !
Vivez, ou mourez ! Agonisez, ou délivrez-vous !
Commentaires
Dimanche, janvier 3 2010, 20:44
Un texte très expressif, j’aime beaucoup!