A la Mort

Dimanche, janvier 3 2010, 01:14, Par Francky

Tu dégueu­les le monde
Et tu cam­bres tes reins,
Dans l’onde rubi­conde,
Les cieux res­tent sereins.

Tu vis dans l’illu­sion
Que t’apporte demain,
Ton âme est allu­sion
Tou­jours à l’inhu­main.

Ton cœur est une éponge
Que le soleil assè­che ;
Tu dépé­ris et songe :
« D’où me vient cette flè­che ? »

Les mots sont sen­ti­ments,
Les sen­ti­ments sans mots…
Le mis­tral orpi­ment,
Le piment de tes maux…

Ce monde qui te presse
Veut te voler tes lar­mes !
Ce mal­heur qui t’oppresse
Veut te voler tes armes !

Ton cœur est nécrosé,
Le rouge devient noir,
Ton âme sclé­ro­sée
Se colle à l’enton­noir…

Comme un par­fum de bière
Qui te colle à la peau,
Rythme du cime­tière,
De ton âme, ber­ceau !

A tes lèvres ger­cées,
La ciga­rette fume
Des nua­ges per­cés
Qui mon­tent, se con­su­ment…

Tu as les yeux san­glants,
Tu vas pren­dre ta dose,
De ceux qu’on dit cin­glants
Aux teints de cou­pe­rose…


Tu vois naî­tre l’enfer
Et se mou­rir l’oiseau
Dans ta pri­son de fer
Où casse le roseau.

La fenê­tre est ouverte
Et tu prends ton envol,
Tu vois le monde inerte,
Tu te crois ros­si­gnol.

Tu rêves « liberté »
De tes bras ali­for­mes ;
Tu sai­sis la clarté
De tes mains fili­for­mes.

Et tan­dis que tu tom­bes
Vers le bitume amer,
Tu mon­tes et sur­plom­bes
De ton ombre l’éther.

Tu vois la Mort en face,
Elle n’est pas si laide.
Son sou­rire est rapace
La main qu’elle tend t’aide.

Elle a les che­veux blonds
Et le teint déli­cat,
Et ses cris vaga­bonds
Apai­sent tes tra­cas.

Le monde la méprise !
Cette dif­fa­ma­tion
Pro­vo­que ta sur­prise
Et ton excla­ma­tion !

Tu la trou­ves jolie,
Tu l’aimes de plus belle.
Elle a l’œil ravioli
Et des airs de rebelle.

Voilà qu’elle t’agui­che,
Tu tom­bes sous sa coupe,
Vul­gaire est le pas­ti­che,
Mais ter­ri­ble est sa croupe.

Tu voles un bai­ser
A sa bou­che mutine
Un goût de liberté,
Et d’orgies endo­cri­nes !

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