Un souvenir lointain

Vendredi, novembre 6 2009, 23:41, Par Francky

C’est un recoin aus­tère aux souf­fles froids de l’or,
De ceux que le Zéphyr apporte : il s’y endort.
Le sen­tier, las, se perd vers l’hori­zon des cimes,
En cet œil dou­ce­reux, vide, et terne, et pen­sif,
Dont le teint mori­bond s’échoue sur le récif,
De doux cotons de rose enta­ment des abî­mes.
Tom­bant, trem­blant, som­brant, dans le miroir mys­ti­que,
Je suis leurs lents flo­cons, aux cares­ses aci­des ;
Ils ont de ces reflets, comme un gâble rus­ti­que,
Noël et ses sapins, dans leurs râles pla­ci­des.
Or ce glas indo­lent, lors­que tin­tent les clo­ches,
Perdu dans l’infini d’échos bri­sant les roches,
Exal­tant en ce soir la triste voca­lise
Res­sur­gie du passé, en la neige et ses fla­ques,
Vaguant dans sa folie, par de ter­ri­bles cla­ques,
Anime comme Dieu ce para­dis d’église.
La tor­peur bleue, opale, ambrée dans un mirage,
Pèse, loin­taine, argent, apai­sant le rivage.
Sa sibyl­line teinte agré­gée sur la croix
Qui sur­git sous la gase en impla­ca­ble signe,
Du dur ali­gne­ment des tom­bes en émoi,
S’émiette sur ses reins de plaine rec­ti­li­gne.
Mes yeux vaguent sour­nois, jusqu’au loin, ils t’effleu­rent,
Les pei­nes, en fra­cas tomen­teux, y affleu­rent ;
Le songe se mor­fond, des cares­ses féli­nes,
Et rêve nites­cent, à ses grâ­ces câli­nes ;
Lui qui pour­tant gran­diose inconnu de l’oppro­bre,
S’étonne, repoussé, du dédain le plus sobre…
Par­fois le bel amour est pros­crit aux plus grands.
C’est ainsi que les yeux balan­cés au nau­frage,
Je sens gran­dir la flamme endia­blée de leur rage ;
L’azur qui les tour­mente en fou­droie la malice,
Qui déjà, dou­ce­ment, atteint leurs inters­ti­ces.
L’indi­gence d’un cœur, n’est-elle pas igno­ble,
Ter­ri­ble pour celui que l’on sait le plus noble ?
Déjà, la lueur torve, indi­quait de par­tir ;
Et moi, pâle poète, au regard de ses lar­mes,
Dans les mien­nes mirées, mouillées dans le vacarme,
Con­tre ton sou­ve­nir je venais me blot­tir.

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