Réflexions, sans ordre, ni prétention
Lorsque l’âme est terrassée du pressant besoin qu’est celui d’écrire, celui qui bout en ses entrailles et qui tel un volcan, surgit dans l’émoi de son inspiration, un sensible rayon d’amour point comme un soleil se mirant dans les rivages glacés, apaisant les lames frauduleuses de leurs vagues qu’auraient laissé aigrir sans celui-ci le nihilisme et la turpitude, engeances pernicieuses qui naissent de l’ignorance pour s’éteindre dans le crime.
C’étaient les vagues de ce plaisir qui tranchait par des tons de blanc, de bleu, et de vert que rappelaient à mon esprit les albes rêves faits et défaits de la contemplation de la montagne, avec ma pâle longévité, qui déferlaient en moi comme des visions insaisissables. Lorsque je tenais en moi la fierté d’en avoir attrapé une, j’étais pris d’une si folle peur qu’elle pût s’enfuir à nouveau, que je savais, à mon plus grand regret, que mes croyances allaient être redirigées par les peurs qu’elles m’avaient inspiré.
D’autres fois où les mots me venaient sans crainte, je compris qu’ils ne se laissaient jamais amadouer que par illusion, et que, dotés d’une âme unique, ils savaient malicieusement jouer avec ceux qui croyaient - bien sottement - les pouvoir manipuler, comme des pantins au jeu desquels l’admiration de tous se fût accrochée par une simplicité méprisable.
Mais le plaisir jamais interrompu de la réflexion et du rêve, dont la dimension onirique avait toujours entraîné en moi une alacrité, une verve violente, que je sentais propulsées jusqu’au Parnasse, pour étreindre le pinacle de toutes leurs forces, ne s’éteignit jamais. Je tenais quelque chose en moi, qu’il m’était fatal de ne pouvoir asseoir assez longtemps devant mon encrier pour l’écriture d’un roman. Car les idées se bousculaient vers la sortie, dans une confusion marcescente des feuilles qui tombent à l’automne sur les sentiers froids et gréseux. Il fallait que je parvinsse à transposer la pulsion littéraire sans qu’elle n’en perdît son charme en quelque chose de plus long, de plus complet, et en somme de plus profitable à l’affirmation incontestable de mes talents, en un exutoire ultime qui aurait redonné un bonheur de vivre particulier qu’il me semblait avoir perdu sans ne l’avoir pour autant jamais vraiment vécu, à mon cœur perdu dans son mal du siècle. Ô ces frémissements de mon âme, pantelante, à l’idée d’écrire le dernier mot d’un ouvrage sublime de sa composition… Ne serait-ce pas se surprendre soi-même ?
Commentaires
Jeudi, octobre 1 2009, 19:53
Tout simplement sublime, Franck. J’ai donc seulement deux remarque s: tu as fait une faute de frappe (r^ve) ; et à quand ce roman?
Samedi, octobre 3 2009, 15:34
Merci Alban, de ton commentaire, cela me fait plaisir.
J’ai corrigé les fautes de frappes, car en effet j’avais dû me presser de le recopier en cinq minutes
Un roman de moi… Tu parles de rêve là ?! Mais chaque échec me rapproche de mon but. C’est pour ça qu’il ne faut jamais désespérer.
Je pourrais te poser la même question… A quand la suite de Taman ? Oo
Même si toi et ton clavier avez pu vous fâcher - car il m’est apparu que celui-ci s’était sans doute moqué de ta pitoyable lenteur pour que tu le méprisasses autant - cela me ferait bien plaisir de pouvoir le consulter au-delà de ce premier incipit.
Franck