Réflexions, sans ordre, ni prétention

Jeudi, octobre 1 2009, 16:33, Par Francky

Lors­que l’âme est ter­ras­sée du pres­sant besoin qu’est celui d’écrire, celui qui bout en ses entrailles et qui tel un vol­can, sur­git dans l’émoi de son ins­pi­ra­tion, un sen­si­ble rayon d’amour point comme un soleil se mirant dans les riva­ges gla­cés, apai­sant les lames frau­du­leu­ses de leurs vagues qu’auraient laissé aigrir sans celui-ci le nihi­lisme et la tur­pi­tude, engean­ces per­ni­cieu­ses qui nais­sent de l’igno­rance pour s’étein­dre dans le crime.

C’étaient les vagues de ce plai­sir qui tran­chait par des tons de blanc, de bleu, et de vert que rap­pe­laient à mon esprit les albes rêves faits et défaits de la con­tem­pla­tion de la mon­ta­gne, avec ma pâle lon­gé­vité, qui défer­laient en moi comme des visions insai­sis­sa­bles. Lors­que je tenais en moi la fierté d’en avoir attrapé une, j’étais pris d’une si folle peur qu’elle pût s’enfuir à nou­veau, que je savais, à mon plus grand regret, que mes croyan­ces allaient être redi­ri­gées par les peurs qu’elles m’avaient ins­piré.

D’autres fois où les mots me venaient sans crainte, je com­pris qu’ils ne se lais­saient jamais ama­douer que par illu­sion, et que, dotés d’une âme uni­que, ils savaient mali­cieu­se­ment jouer avec ceux qui croyaient - bien sot­te­ment - les pou­voir mani­pu­ler, comme des pan­tins au jeu des­quels l’admi­ra­tion de tous se fût accro­chée par une sim­pli­cité mépri­sa­ble.

Mais le plai­sir jamais inter­rompu de la réflexion et du rêve, dont la dimen­sion oni­ri­que avait tou­jours entraîné en moi une ala­crité, une verve vio­lente, que je sen­tais pro­pul­sées jusqu’au Par­nasse, pour étrein­dre le pina­cle de tou­tes leurs for­ces, ne s’étei­gnit jamais. Je tenais quel­que chose en moi, qu’il m’était fatal de ne pou­voir asseoir assez long­temps devant mon encrier pour l’écri­ture d’un roman. Car les idées se bous­cu­laient vers la sor­tie, dans une con­fu­sion mar­ces­cente des feuilles qui tom­bent à l’automne sur les sen­tiers froids et gré­seux. Il fal­lait que je par­vinsse à trans­po­ser la pul­sion lit­té­raire sans qu’elle n’en per­dît son charme en quel­que chose de plus long, de plus com­plet, et en somme de plus pro­fi­ta­ble à l’affir­ma­tion incon­tes­ta­ble de mes talents, en un exu­toire ultime qui aurait redonné un bon­heur de vivre par­ti­cu­lier qu’il me sem­blait avoir perdu sans ne l’avoir pour autant jamais vrai­ment vécu, à mon cœur perdu dans son mal du siè­cle. Ô ces fré­mis­se­ments de mon âme, pan­te­lante, à l’idée d’écrire le der­nier mot d’un ouvrage sublime de sa com­po­si­tion… Ne serait-ce pas se sur­pren­dre soi-même ?

    Commentaires

  1. Alban

    Tout sim­­ple­­ment sublime, Franck. J’ai donc seu­­le­­ment deux remar­­que s: tu as fait une faute de frappe (r^ve) ; et à quand ce roman?

  2. Francky

    Merci Alban, de ton com­­men­­taire, cela me fait plai­­sir.

    J’ai cor­­rigé les fau­­tes de frap­­pes, car en effet j’avais dû me pres­­ser de le reco­­pier en cinq minu­­tes :)

    Un roman de moi… Tu par­­les de rêve là ?! Mais cha­­que échec me rap­­pro­­che de mon but. C’est pour ça qu’il ne faut jamais déses­­pé­­rer.

    Je pour­­rais te poser la même ques­­tion… A quand la suite de Taman ? Oo

    Même si toi et ton cla­­vier avez pu vous fâcher - car il m’est apparu que celui-ci s’était sans doute moqué de ta pitoya­­ble len­­teur pour que tu le mépri­­sas­­ses autant - cela me ferait bien plai­­sir de pou­­voir le con­­sul­­ter au-delà de ce pre­­mier inci­­pit.

    Franck

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