Un rocher dans la nuit essuyait des assauts ;
Au large, l'océan, combattait les vaisseaux.
On entendait au bord, couchée sur la rocade,
Pleurer une âme au souffle affaibli et malade.
Silencieuse et pâle, haletant de chagrin,
Elle envoyait en l'air, des sables quelques grains.
Ne trouvant d'autre ami que l'ombre de son corps,
Elle attendait la vague, elle enviait la mort.
Ses yeux fatigués étaient gorgés de sang,
Ses larmes donnaient l'air d'astres incandescents.
Sur les monts de ses joues, aux parures pourprés,
Quelques marques disaient : " Je m'endors dans les prés. ".
Les étoiles du ciel éclairaient ses cheveux,
Quelques unes filaient, l'âme feintait un voeu.
Mais tous ses mouvements, et sa pâle quiétude,
Suintaient l'isolement, et non la solitude.
Puis, d'un bond se levant, sur le haut du récif,
Cette âme se donna, en un saut impulsif,
A l'océan rageur, qui attendait sa proie,
Quand vingt mètres plus bas rougirent les parois,
Des funestes rochers, aux contours immortels,
Que des âmes fanées choisissent comme stèle.
La lumière éclatait, de quelques traits d'écume.
A l'est apparaissaient quelques filets de brume,
Révélant du soleil, le renouveau naissant,
Une aube vermillon, empourprée par le sang.
A.L.