Longues heures

Samedi, avril 17 2010

De lon­gues heu­res
Sou­vent pro­mè­nent
Un soleil blanc
Sur l’hori­zon
Sur l’infini
Taché de sang.

Et cette étoile
Fai­ble et lim­pide
Laisse des flous
Sur son pas­sage
Comme des rêves
Encore mous.

Puis les cieux bleus
Fixent encore
Notre cons­cience
Et ils l’engluent
Tout dou­ce­ment
Dans la patience…

On se regarde
Et l’on s’attend
L’air étourdi
Dans le miroir
D’un long diman­che
Après-midi…

C'est elle que j'aime

Dimanche, mars 28 2010

C’est une pleine lune, sous un ciel étoilé,
Un astre enlu­miné déchai­nant mes ardeurs,
Un rayon de dou­ceur, qui me frôle, m’effleure,
Qui jamais ne me lasse tant je peux l’aimer.

C’est quand je l’aper­çoit le matin de bonne heure,
Décoif­fée par le vent, aux pom­met­tes rosées,
Qu’elle s’assied près de moi, pour m’offrir un bai­ser,
C’est à ce moment là que j’oublie mes humeurs.

Et cha­que beau matin, je remer­cie le ciel,
De m’avoir donné tant, en me la don­nant elle,
Aujourd’hui est un jour par­semé de bon­heur.

Et cha­que beau regard, qui tra­verse mes yeux,
Me rend à cha­que fois, un peu plus amou­reux,
Au fond de sa pupille, un feu brule mon coeur.

A.L.

Brûlure annonciatrice

Samedi, mars 20 2010
C'est un feu qui me brûle et consume mon âme,
Ma plume va, et tresse en ces bouts de poème
Une corde sans fin, d'un amour qui s'enflamme,
Et se retient d'écrire un bouquet de je t'aime.


Le temps que je passe loin de tes yeux timides,
Affecte tant les miens, que je les sens en proie
Au flot de sentiments qui rend les joues humides ;
Luttant contre cela, je fuis, je te fuis toi.


Mais tu restes, mignonne, aux portes de mon coeur.
Faisant trembler l'amour de père mère et soeurs
Au poids de ton regard, si puissant dans ma vie.


Et je t'accueille, muse, au berceau de mes nuits.
Un espoir est venu, je l'aperçoit qui luit,
M'annonçant le bonheur, des amants réunis.



A.L.

Une vie de feuille

Je serais une feuille : j’ai connu la ver­deur,

J’ai eu foi en la vie, et j’ai cru au bon­heur.

Je rap­pelle quand, à la leur de mon âge,

( Ce qui pour une feuille est un étrange usage )

J’ai grandi pro­tégé, des mes frè­res entouré,

Au matin d’une vie qui n’a que peu duré.

J’ai pu m’épa­nouir, au souf­fle de la bise, 

Puis d’un coup révé­ler ma feuillette indé­cise.

Quit­tant comme mes frè­res, les rêves hiver­naux, 

Ecou­tant la beauté, des chants du renou­veau.

Car j’ai vécu l’amour ! J’ai envié l’éter­nel !

Mais je n’ai qu’un prin­temps, qu’un retour d’hiron­del­les.

Et je savoure en moi, qui ne suis qu’un feuille, 

Les cares­ses de mai, ces par­fums que l’on cueille.

Puis l’été est venu, accom­pa­gné de fleurs,

De cri­quets et d’oiseaux, de ciels bleus de cha­leur.

Et j’ai connu cela, feuille parmi les hom­mes,

Autant qu’en ma vraie vie, d’auteur parmi les hom­mes.

Rabou­gri par le temps, j’entends l’heure qui sonne.

Ainsi donc, la fin vient, en ce réveil d’automne.

Je me regarde alors, jau­nis des soleils chauds.

Terni par le zéphyr, anti­thèse du beau.

Je laisse bal­lot­ter, les res­tes de mon âme

Dans un flot de souf­france, où se sui­vent les fem­mes.

Elles ont bri­sés ma vie, déchiré mes pas­sions,

Elles ont hanté mes nuits, de tou­tes les façons..

Alors, je relâ­che la bran­che qui me tient,

Dans cette vie de peine, je ne vais pas plus loin.

Et j’aban­donne tout, puis­que mon âme est morte.

Et je n’emporte rien, puis­que le vent m’emporte.

A.L.

Surprise

Un matin, je mar­chais, dans le froid de l’hiver ;
« Chi­mé­ri­que pathos, je regrette ta verve ! »
L’oeil bla­fard, vaga­bond, comme rongé d’un ver ;
« Le sau­rai-je bien­tôt, ce que la fin réserve ? »

Regar­der le trot­toir, qui borde l’auto­route,
N’est point la solu­tion.
Ils mènent, tous les deux, à l’absurde déroute
D’un monde « évo­lu­tion ».

Il faut par­tir au ciel ren­con­trer une étoile
Pour enten­dre le chant sur Terre de l’oiseau
La nature, tou­jours, doit appo­ser son sceau
Pour que la rose fleur éclose et se dévoile.

J’ai levé le regard comme un poi­gnard aux yeux
Mais j’ai lâché ma prise.
Une graine de rêve a germé dans les cieux,
C’était une sur­prise.

Une histoire sans autre importance que l’amour

Dimanche, mars 7 2010

            Par une jour­née de tem­pête, alors que du ciel gris s’abat sur la terre de vio­lents éclairs, mugis­sants comme pour expri­mer la colère d’un Dieu con­tra­rié, la côte de St Malo se trouve trou­blée, et un cœur crie.

            Assis sur les rochers, et con­tem­plant les assauts achar­nés des vagues sur les parois de gra­nite qui arment la plage de la for­te­resse de la mer, un homme réflé­chis. La vio­lence de ce décor bru­ta­le­ment pur fait hur­ler son cœur. Il res­pire à gran­des bouf­fées, comme s’il s’était trouvé mal. Sa bou­che béante laisse indif­fé­rem­ment cou­ler un filet de salive, de façon inerte. Il écar­quille les yeux, des yeux rou­ges sem­blant vou­loir explo­ser à tout moment, et fixant l’hori­zon. Il souf­fre, il souf­fre en silence, il souf­fre comme il n’a jamais souf­fert. Dans ses mains, les­quel­les se trou­vent déchar­nées, demeure une let­tre. Cette let­tre, il est en train de l’écrire, avec la plume qu’il a coincé dans son pouce. Il s’est percé le pouce avec cette plume pour éva­cuer sa vio­lence. Sur la feuille de papier, il y a de peti­tes gout­te­let­tes ron­des épar­pillées. Cer­tai­nes sont rou­ges, et d’autres, plus impor­tan­tes, trans­pa­ren­tes. Le point com­mun des ces peti­tes per­les est qu’elles vien­nent d’un même cœur. Puis on peut lire des mots sur cette let­tre. Eux pro­vien­nent aussi du même foyer que le sang et les lar­mes, et sont la trace écrite d’une vio­lence inté­rieure inouïe, défer­lée sur une inno­cente feuille. La let­tre dit :

 

« Mon amour,

« cette let­tre est sûre­ment la der­nière. Il me faut quit­ter St Malo demain, ou mou­rir. Ils vont « m’arrê­ter « ma belle, me tuer si je ne m’enfuie pas, pour ne point reve­nir. La mort n’est rien « pour moi, si tu es « mienne, car ainsi ma vie n’a plus de but. Et, dans ce cas, la mort serait « un délice. Mais res­ter, c’est « ris­quer de te per­dre ; et mille morts me seraient plus agréa­bles « que d’endu­rer la tienne.

« Mon amour, je suis désor­mais voué à mou­rir. Par­tir créera ma mort, res­ter « con­dam­nera autant « nos deux vies. Oui, c’est par­fai­te­ment cela mon amour, il me faut « pas­ser le cap de l’au-delà.

« Oublie-moi, mon amie, oublie-moi. Refais ta vie avec un autre que moi, qui n’aurais jamais « mérité une « femme comme toi. Marie-toi. Si tu n’en a pas la force, fais le pour moi. Ais des « enfants. De là-haut je « les regar­de­rai gran­dir, comme s’il étaient les miens.

« Mon amour, ici se clos notre his­toire, dans cette let­tre, sur ces lignes, dans l’amour et « la mort. L’amour, la mort… C’est si beau de mou­rir par amour, et de n’avoir que ce mot à la « bou­che. Par­donne-moi de toute cette vague de mal­heur qui va sûre­ment s’abat­tre dans ton

« cœur si fra­gile et si pur. Nous nous retrou­ve­rons, mais l’heure n’est pas venue.

« Adieu ma tulipe, ma fleur des plus beaux prin­temps, ma joie, ma rai­son de vivre. Les beaux « jours sont finis. »

 

            Puis dis­tinc­te­ment, en bas de page, il écrit ces der­niers mots :

            «  Je suis cer­tain de mou­rir, mais si par hasard ce n’était pas le cas, je te retrou­ve­rai sur l’île « de Jer­sey, au nord-ouest d’un bourg appelé St John. Je t’atten­drai toute la jour­née du 10 « avril, pour par­tir avec toi vers la Grande Bre­ta­gne. Ren­dez-vous là-bas, ou jamais. »

 

            Puis, pétri­fié de déses­poir après ces der­niers mots, il éclata en san­glots. C’était trop. Il ne con­nais­sait pas ces sen­sa­tions. Lui, lui qui avait tant enduré avant, la mort, la mala­die, la souf­france. Mais il pleu­rait pour la pre­mière fois avec autant de rage, de force. C’est avec les lar­mes donc que cet homme décou­vrit la pas­sion, l’amour incon­di­tion­nel pour l’être, le bon­heur inoui rien qu’à la pen­sée de ces lèvres, de ces yeux, de ce corps adoré.

            Et c’est avec les lar­mes que cet homme s’épa­nouit et devint Homme. L’Homme qui trem­ble, l’Homme fai­ble, mais l’Homme qui l’assume, qui l’accepte et s’en fait une fierté.

Théo­phile ( et oui c’est devenu un homme, il a aussi un pré­nom. ) se leva, jeta sa plume à la mer, et rega­gna la jetée. Il se ren­dit au domi­cile d’un cer­tain mon­sieur de Jar­bet, semant de temps à autre des gout­tes de sang de son pouce décharné. Ce mon­sieur de Jar­bet était un ren­tier d’une soixan­taine d’année à qui la nature avait donné deux fils et deux filles. Les deux pre­miers fils avaient quitté le domi­cile pater­nel, et la sœur aînée était entrée au Car­mel. Seule la ben­ja­mine res­tait à la mai­son. M. de Jar­bet avait perdu sa femme en cou­che lors de la nais­sance de sa fille. Sa mère avait désiré l’appe­ler Céleste, en sou­ve­nir de sa mort future, car elle se ren­dait au para­dis.

            Céleste avait grandi. Elle était deve­nue belle avec l’âge. Elle avait ren­con­tré Théo­phile deux ans plu­tôt, alors qu’elle entrait dans sa dix-neu­vième année. Dès le pre­mier jour elle l’avait aimé, et ils se jetaient des regards pleins de dou­ceur depuis la pre­mière minute. Ils ne s’étaient révélé cet amour que deux mois plus tard, alors que Céleste était tom­bée dans la mer. Théo­phile l’avait sauvé des flots, et ils s’étaient étreints pour ne se sépa­rer que dans l’attente de pro­chains bai­sers.

            Ainsi, Théo­phile s’était rendu au domi­cile Jar­bet et avait donné une let­tre au por­tier pour made­moi­selle de Jar­bet. Puis il avait pris ses jam­bes à son cou et avait dis­paru vers le port.

            Cette nuit-là, Céleste avait fait un mau­vais rêve. Plu­sieurs fois elle s’était réveillé en sueur. Elle avait rêvé d’un bateau, ou plu­tôt d’une bar­que. Théo­phile était assis, dans cette bar­que. Ces yeux sem­blaient regar­der le vide, et aucune expres­sion ne ter­nis­sait son visage.

Il s’était levé, et s’était jeté à la mer. Elle demeu­rait immo­bile, ten­tait de tout faire pour évi­ter le drame, mais rien ne se pas­sait. Son corps ne répon­dait plus, sa bou­che vou­lait hur­ler, mais rien ne sor­tait. Et elle voyait son amour cou­ler, et som­brer dou­ce­ment dans les pro­fon­deurs abys­sa­les de la marée. Puis ses yeux s’était fer­més dou­ce­ment eux aussi, avec l’inca­pa­cité de les rou­vrir.

            La peur de la mort. Cette peur hante les cœurs, quel que soit l’âge que l’on ai, quelle que soit la blan­cheur notre âme. Il suf­fit d’aimer un temps soit peu la vie, la sienne ou celle d’un autre, et l’on ne peut plus pen­ser à la mort sans la redou­ter.

On n’a plus peur de la mort que lors­que l’on n’a plus de rai­son de  vivre.           

La gou­ver­nante appela Céleste. Une let­tre était arri­vée, elle lui était des­ti­née. L’auteur ne l’avais pas cache­tée, et la gou­ver­nante s’inter­ro­geait sur l’iden­tité de ce mys­té­rieux ano­nyme. Céleste, elle, savait. Ça y est, il lui avait enfin écrit. Elle sau­rait. Théo­phile lui avait con­fié aupa­ra­vant ses pro­blè­mes avec la jus­tice, qui le recher­chait pour une affaire béni­gne de vol à l’éta­lage, car Théo­phile, à l’inverse de Céleste, vivait dans la pau­vreté la plus atroce.

En dépliant cette let­tre toute tache­tée, Céleste eut un haut-le-cœur. L’écri­ture était bien l’écri­ture de son amant, mais elle était accom­pa­gnée de mul­ti­ples gout­tes de sang.

Son rêve refit sur­face. Elle le revit len­te­ment som­brer, et se trouva mal.

L’amour, l’amour… Quel rabâ­chage, en si peu de pages. Mais quoi, on n’a pas finit d’en par­ler, puisqu’il est cen­tre de tout. L’amour fait naî­tre, l’amour fait gran­dir, l’amour fait vivre, on s’en nour­rit, on en souf­fre, et fina­le­ment il nous tue. C’est main­te­nant le der­nier cha­pi­tre des vies de Céleste et Théo­phile.

Leur his­toire n’a aucune impor­tance. Il vont mou­rir tous deux d’amour, et s’offrir l’un et l’autre la plus belle des fins.

Oui, ils vont mou­rir.

Théo­phile s’est enfui pour le port. Dans sa course il est tombé nez à nez avec une bri­gade, qui le recher­che. Tous ses pro­jets d’ave­nir sont main­te­nant bri­sés. Devant lui : la mort. Le len­de­main, il sera pendu au cou­cher du Soleil, car il va ser­vir d’exem­ple et dis­sua­der les vau­riens. Et sa vie pren­dra enfin un sens dans sa mort.

Céleste ne reverra plus jamais Théo­phile vivant. Elle s’est enfer­mée dans sa cham­bre, pour y res­ter jusqu’à ce qu’elle accepte le départ de Théo­phile, ou bien que la faim et la soif aient rai­son d’elle. Pas un ins­tant elle ne se doute qu’il puisse mou­rir, cela lui paraît impos­si­ble, et elle ne peut y son­ger.

Le len­de­main, elle ne donna plus signe de vie. Murée dans le silence le plus com­plet, elle s’accro­chait tant bien que mal à sa der­nière rai­son de vivre, le retrou­ver. En fin d’après midi, la gou­ver­nante, affo­lée, se pré­ci­pita devant la cham­bre de la jeune femme. Elle hurla : « Made­moi­selle Céleste ! Made­moi­selle ils ont votre Théo­phile. Il va mou­rir en cet ins­tant, sur la place publi­que. Oh c’est hor­ri­ble, je vous en prie dites quel­que chose. »

Céleste sor­tit comme une furie de sa cham­bre. Elle cou­rut tant qu’elle pou­vait, enleva ses chaus­su­res pour aller plus vite, mais en vain. Lorsqu’elle arriva le Soleil dis­pa­rais­sait vers l’Occi­dent, et le corps de l’être qu’elle ché­ris­sait flot­tait, un mètre cin­quante au-des­sus du sol.

Alors elle tomba à genou. Sans un bruit elle se leva, le souf­fle coupé, et reprit le che­min de la mai­son de son père.

En arri­vant, elle vit ses rochers, d’où elle avait failli mou­rir un jour, et où tout avait com­mencé. Non elle ne se marie­rait pas, mais peu impor­tait. Elle prit alors une der­nière bouf­fée d’air, et se jeta de là dans l’eau pour som­brer, et retrou­ver son bon­heur là-haut, car dans cette vie per­sonne ne pou­vait plus la sau­ver.

Ainsi s’achève leur his­toire. Et même si la mort a pris ces deux amou­reux, ils finis­sent ensem­ble, enla­cés dans la séré­nité des cieux, la séré­nité de la mort, de cette mort qui ne tour­mente pas les âmes qui s’aiment. 

 

     A. L.

J'ai le coeur en passoire

Samedi, mars 6 2010
J’ai le cœur en pas­soire
Le cœur qui brûle au fond
Qui tourne et tourne en rond
Au fond d’un cré­ma­toire…

J’ai le cœur en pas­soire
Servi à des géants
De géants sen­ti­ments
Pour un verre d’espoir…

J’ai le cœur en pas­soire
Et le noir est ma peur
Quand l’étoile se meurt
Au fir­ma­ment du soir…

J’ai le cœur en pas­soire
Et le cœur en vio­lon
Mes lar­mes sont le son
Des vies à émou­voir…

J’ai le cœur en pas­soire
Comme un rocher pro­fond
Étrange, où se mor­fond,
Un royaume illu­soire…

J’ai le cœur en pas­soire
Autour de moi l’amour,
Fait des ronds de vau­tour…
Le cœur en balan­çoire…

J’ai le cœur en pas­soire
Piqué sur une bro­che
Ficelé, tout fan­to­che,
Prêt pour la rôtis­soire…

Sui Caedis

Jeudi, mars 4 2010


Une lande vertement pure,
Un doux matin.
Un dernier mot à la nature,
Avant la fin.

Un chêne blanc ornait le ciel,
Ce doux matin.
Et les abeilles volaient au miel,
Quand l'homme vint.

Une hirondelle, s'est envolée
En le voyant :
La corde en main, le coeur serré,
Et sans argent.

Il a trouvé une demeure,
Pour s'en aller.
Ici il va, ici il meurt,
C'est accepté.

Mais en sa tête, hurlent encore
Deux mille bombes.
Sonnant fort le glas de sa triste mort,
Il tombe.


A.L.

Pensées d'un soir

Dimanche, février 21 2010

                                                                         A elle.


L'amour, la peine, la haine...et la vie, et la mort.
Tous ces liens que je tisse, qui font ce que je suis.
Ces regards que je glisse, ces baisers que j'ai pris...
Ces perles de la vie, me bercent quand je dors.


Je me noie dans cette eau qui abreuve mon cœur.
Et je sens tous les maux dont cette eau m'a lavé.
Je la sens ! qui me frôle... et qui me fait rêver.
Et Morphée vient, me prend, comme on cueille une fleur.


Je me laisse emporter, pour un nouveau voyage.
Quelle douceur de vie, que de se laisser faire,
Le bonheur et la nuit, tous deux font bonne affaire.


Et je rêve, et je rêve, perché sur un nuage.
Voguant dans une barque, vers le lointain des cieux.
Guidé, dans mon chemin, par la flamm de ses yeux.


A.L.

Apocalypse

Tombe la pluie, coulent les larmes.
Ne plus rien faire. Jeter les armes
Et doucement, se laisser choir :
C'est terminé et sans espoir.

Je veux mourir, mourir, mourir.
Ne plus souffrir, souffrir, souffrir.
Et rien ne va, m'en empêcher.

Souffle le vent, s'éteint la flamme.
La vie a pris ma petite âme.
Et elle est morte. Laissant la place
A la tristess, d'un cœur de glace.

Je vais mourir, mourir, mourir.
Ne plus souffrir, souffrir, souffrir.
Et rien ne va, s'y opposer.



A.L.

Désordre intérieur.

Samedi, février 20 2010

Il est dit qu'un beau jour l'Homme saura trouver
La place qu'il se doit d'occuper en ce monde,
Qu'alors il cessera de cautionner l'immonde
Et qu'il sera dit grand. Cela reste à prouver. 

S'il savait déjà, l'Homme ! sortir de ce qu'il est.
De ce qui le fait, l'Homme ! De ses manies d'horreurs.
Lui qui a rejeté paix, simplesse et candeur !
Entassant les méfaits tant il déteste il hait !

Diable ! Qui est-ce diable qui égorge les cœurs ?
Qui est donc ce malin, qui pénètre en nous-mêmes,
Et nous fait mortifier les êtres que l'on aime ?
Et pourquoi cet esprit sournois et malfaiteur,

S'attaque-t-il à moi, qui suis une âme impure...
Ne voit-il qui je suis, moi l'idiot le maudit ?
Moi, qui de tout rougis, dont le cœur est taudis ?
Je ne sais plus qu'écrire... je fais une coupure.

Ah ! Une idée revient. Oui ! Ma vie est pourrie.
Le temps passe et ma plume, qui sème son écume
Va, me crie et m'écrie, toute son amertume.
J'entends la mort hurler : Vient ! Et je lui souris.

Mais jamais je n'arrive à quitter cette vie.
Cet univers pervers qu'est la planète Terre,
Me garde me retient, debout, les pieds sur terre.
Pourquoi ? Je ne sais guère. Seul, j'avance et je vis.



A.L.

J'ai refermé un livre

Samedi, février 13 2010

J’ai refermé un livre, et appro­ché mes yeux,
Une der­nière fois, de l’eau pale des cieux.
Ils sai­gnaient d’émo­tion.
De dou­leur, de pas­sion.
Sur Terre fai­blis­sant, je me sen­tais ailleurs,
Loin des regards bles­sants, vers des mon­des meilleurs…
Je suis mort un matin, de ce bon­heur tra­gi­que,
Ce bon­heur d’un ins­tant, que l’on sent nos­tal­gi­que ;
J’ai pensé aux cou­leurs, qui venaient de s’enfuir,
Lors­que cette dou­leur est venue me détruire ;
J’ai pensé à ces jours, qui venaient de s’étein­dre,
Comme des illu­sions, qu’on n’eût pas pu dépein­dre ;
J’ai pensé au bon­heur, que venant de con­naî­tre,
Je savais, pour tou­jours, igno­rant à renaî­tre ;
J’ai pensé à la vie, comme on pense à la mort,
C’était là ma pri­son, et mon ter­ri­ble sort,
Je suis mort de cha­grin, et le sou­rire aux lèvres,
J’ai refermé un livre en m’oubliant dedans.

Chaque vie est le regret d'une autre

Mardi, février 2 2010

            Cha­que vie est le regret d’une autre, pleine d’illu­sions et de mélan­co­lie, pleine d’espé­rance pour un amour qui ne vien­dra pas.

            La peine capi­tale. Voilà la sen­tence pro­non­cée par le pro­cès de la vie. Et pou­vons-nous ima­gi­ner être heu­reux un jour, s’ima­gi­ner seu­le­ment ce qu’est la Lumière, si cette pen­sée reste gra­vée sur notre front ad vitam aeter­nam ?

            Que je loue le sei­gneur pour sa clé­mence ! Qu’eussé-je pu con­tre ma des­ti­née, qu’eussé-je pu ten­ter pour me libé­rer, ne fût-ce que pour le sur­sis des heu­res, des jours, des mois, et des années, s’il ne m’avait donné la can­deur et l’amour !

            Or vivre me détruit, vivre m’ancre dans ma vie, vivre me retire la can­deur, et m’ôte l’amour, si bien que je me lan­guis de les retrou­ver ailleurs, dans un autre Moi. Vivre me tue. Oui, plus je vis et plus les secon­des pas­sent vite, dans la pla­ti­tude, dans la tur­pi­tude, dans la décré­pi­tude… J’ai lu un jour : « Omnia vul­ne­rant, ultima nocet. » Tou­tes bles­sent, la der­nière tue. Est-il quel­que vérité plus impla­ca­ble que celle-ci !

            Que l’on me rende l’amour… Que l’on me rende la can­deur que ce monde de souf­france m’a ôtée, que l’on me rende à l’igno­rance et à l’Eden, que l’on me donne d’oublier le poids des secon­des, d’oublier mon des­tin, d’oublier mon passé, que l’on me donne de vivre heu­reux comme on vit dans un rêve !

            Cra­chons un bon coup. Je suis sûr que cela va un peu mieux. Je suis sûr pour­tant qu’au fond de vous il reste un peu de cette souf­france qui, comme un rai­sin don­nera du vin, don­nera à votre cœur son ultime nécrose, celle de la défaite, celle d’une défaite telle que vous rêve­rez de ven­geance et non plus d’amour. Vous venez de faire le pre­mier pas vers votre fin. Et vous vous dites que vous n’aviez pas le choix, et que vous êtes encore l’inno­cent que l’on a mani­pulé. Vous avez rai­son : le monde a des rocs et des crocs qui ont rai­son de tout.

            L’amour seul peut sau­ver. Lui seul peut nous faire oublier notre con­di­tion humaine… Mou­rons de nos sen­ti­ments, mou­rons pour eux, car ce sont eux qui nous font vivre, plu­tôt que de vivre le cœur plat, sans pas­sion et sans heurt, dans l’hypo­thé­ti­que espé­rance d’un petit pro­lon­ge­ment, car c’est le temps, le temps vide et plat, le temps long et court à la fois, le temps qui court tou­jours plus vite qui vous rat­trape pour vous assas­si­ner…

            Ne som­mes-nous pas ainsi fait que lorsqu’un oiseau chante, qu’un arbre laisse tom­ber une feuille, qu’une fleur s’émer­veille au milieu d’un champ, que les cieux esquis­sent un sou­rire céru­léen, nous ser­rons nos mains l’une dans l’autre, et nous nous lais­sons sur­pren­dre dans un autre royaume que celui où nos yeux lacry­maux s’embour­bent, en ten­tant de l’attein­dre ? Le doute me gagne.

            Ah ! Le monde est ainsi fait ! Le monde vous méprise ! Il vous accueille à bras ouvert ! Et dans ses bras un poi­gnard…

Une bougie s'allume

Une bou­gie s’allume,

Quand la bise l’éteint ;

Quand la bise s’allume,

Une bou­gie s’éteint.

Ainsi d’un bout du monde,

A l’autre bout du monde,

D’un bout de l’océan,

Aux por­tes du néant,

Nous nais­sons pour mou­rir,

Et vivons pour souf­frir ;

Et l’homme bien­heu­reux

Est un homme immor­tel.

La Mort vous délivre !

Dimanche, janvier 3 2010

La mort, c’est la liberté ! Car il ne peut y avoir de liberté sans la mort. La mort vous déli­vre du monde. La mort est béné­fi­que ; elle donne aux hom­mes ce qu’ils s’achar­nent à cher­cher dans leur vie : la sup­pres­sion des con­train­tes, ou le bon­heur, mais c’est en vain qu’ils y aspi­rent. Tan­dis qu’à vou­loir être libre, on en reste con­traint, enchaîné à une liberté illu­soire, les Hom­mes n’ont pas encore com­pris que la liberté ainsi que la mort sont les deux mêmes enti­tés qui règnent sur le monde, dans une osmose plus puis­sante que la vie ou que l’amour, et qu’en déni­grant l’autre, ils déni­grent la pre­mière ; qu’en recher­chant la pre­mière, ils s’appro­chent de l’autre.

Recou­vrez la vue, mes amis ! Recou­vrez-la ! Sai­sis­sez mes paro­les au-delà des bar­riè­res que les mœurs ont fixées ! Allez, libé­rez-vous ! Vivez, soyez heu­reux ! Vous qui prê­chez la vie, et calom­niez la mort ! Nour­ris­sez-vous du pain de la désillu­sion. Votre monde éphé­mère, pour tou­jours con­damné, a ses relents amers, et la mort est dam­née… Mais pour­tant vous savez que la rai­son me guide ! Vous savez bien pour­tant pour­quoi l’onde se ride. Vous savez bien pour­quoi, vous dépri­mez tou­jours : c’est que vous avez cru aux men­son­ges d’amour !

            Sai­sis­sez-la la mort, c’est votre déli­vrance ! Comme ce Dieu d’amour, que vous prê­chez sur Terre, vous sau­rez qu’elle aussi, est misé­ri­cor­dieuse. Si vous la repous­sez, elle par­don­nera. Elle a un cœur aussi, elle a pitié de vous ! Sai­sis­sez-la très fort, étrei­gnez son doux corps !

            La vie est l’ago­nie qui con­duit à la mort. Pour­quoi souf­frir ainsi, d’un si mal­heu­reux sort ? Vous pou­vez la rejoin­dre main­te­nant, pour tou­jours, n’atten­dez pas demain, la souf­france des jours !

            La mort, vous la bri­sez, infâ­mes créa­tu­res ! Elle vous tend la main, quand vous la dégui­sez ! La vie frotte ses mains, en aiguise sa faux, elle qui cha­que jour, vous coupe un peu de peau… Résis­tez ! à sa lame ali­fère ! Venez plu­tôt goû­ter aux liber­tés qu’aux fers ! Mou­rez sur-le-champ même, car si vous atten­dez, vous mour­rez bien quand même, et vous n’aurez gagné que d’hor­ri­bles souf­fran­ces… Les lar­mes sont des mor­ceaux de ciel trop acide, qui des­cen­dent vos joues, qui piquent vos bajoues… Résis­tez !

            Vivez, ou mou­rez ! Ago­ni­sez, ou déli­vrez-vous !

A la Mort

Tu dégueu­les le monde
Et tu cam­bres tes reins,
Dans l’onde rubi­conde,
Les cieux res­tent sereins.

Tu vis dans l’illu­sion
Que t’apporte demain,
Ton âme est allu­sion
Tou­jours à l’inhu­main.

Ton cœur est une éponge
Que le soleil assè­che ;
Tu dépé­ris et songe :
« D’où me vient cette flè­che ? »

Les mots sont sen­ti­ments,
Les sen­ti­ments sans mots…
Le mis­tral orpi­ment,
Le piment de tes maux…

Ce monde qui te presse
Veut te voler tes lar­mes !
Ce mal­heur qui t’oppresse
Veut te voler tes armes !

Ton cœur est nécrosé,
Le rouge devient noir,
Ton âme sclé­ro­sée
Se colle à l’enton­noir…

Comme un par­fum de bière
Qui te colle à la peau,
Rythme du cime­tière,
De ton âme, ber­ceau !

A tes lèvres ger­cées,
La ciga­rette fume
Des nua­ges per­cés
Qui mon­tent, se con­su­ment…

Tu as les yeux san­glants,
Tu vas pren­dre ta dose,
De ceux qu’on dit cin­glants
Aux teints de cou­pe­rose…


Tu vois naî­tre l’enfer
Et se mou­rir l’oiseau
Dans ta pri­son de fer
Où casse le roseau.

La fenê­tre est ouverte
Et tu prends ton envol,
Tu vois le monde inerte,
Tu te crois ros­si­gnol.

Tu rêves « liberté »
De tes bras ali­for­mes ;
Tu sai­sis la clarté
De tes mains fili­for­mes.

Et tan­dis que tu tom­bes
Vers le bitume amer,
Tu mon­tes et sur­plom­bes
De ton ombre l’éther.

Tu vois la Mort en face,
Elle n’est pas si laide.
Son sou­rire est rapace
La main qu’elle tend t’aide.

Elle a les che­veux blonds
Et le teint déli­cat,
Et ses cris vaga­bonds
Apai­sent tes tra­cas.

Le monde la méprise !
Cette dif­fa­ma­tion
Pro­vo­que ta sur­prise
Et ton excla­ma­tion !

Tu la trou­ves jolie,
Tu l’aimes de plus belle.
Elle a l’œil ravioli
Et des airs de rebelle.

Voilà qu’elle t’agui­che,
Tu tom­bes sous sa coupe,
Vul­gaire est le pas­ti­che,
Mais ter­ri­ble est sa croupe.

Tu voles un bai­ser
A sa bou­che mutine
Un goût de liberté,
Et d’orgies endo­cri­nes !

Les roses de la haine

Je suis la pluie qui mouille,
Je suis le vent qui sèche,
Le passé qui te rouille,
L’ave­nir qui t’empê­che.

Je suis l’ombre qui court,
Une bête des ombres,
Le tour­ment de tes jours,
De tes jours les plus som­bres.

Je suis la véhé­mence,
Qui te brûle. Tabide !
Je suis la radiance,
Qui t’irra­die. Mor­bide !

Ton cœur est une éponge,
Et je l’assè­che­rai !
L’émoi suc­cède au songe,
Je te l’arra­che­rai !

Je suis l’amour qui t’aime,
Le par­fum qui t’entraîne ;
Qui der­rière toi sème,
Les roses de la haine !

Lettre ouverte à Alphonse de Lamartine

Jeudi, novembre 19 2009
Je croule sous ton poids, bon ou fatal génie,
Lors­que, lisant tes vers, j’en palpe l’har­mo­nie,
Comme on palpe un fruit pour voir s’il est bien mûr :
J’ai goûté ta gran­deur, main­te­nant j’en suis sûr.

    Je caresse tes pages sages,
      Le par­fum qu’exha­lent leurs flots,
      Le satin qu’offrent tes riva­ges,
      Quand on en atteint les échos ;
      La lune y casse ses œufs blancs,
      Dans les cieux sem­bla­bles aux bancs
      Sur les­quels on s’assoit le soir,
      Lors­que notre cœur, soli­taire,
      Mori­bond que tant vou­draient taire,
      Vient pro­me­ner son déses­poir.

Sou­vent, devant chez moi, pleure le pay­sage,
Et je vois, au-des­sus, ton céleste visage,
De son teint bien­veillant, prier, bai­gné des vents,
Pour nous, pau­vres mor­tels, et pau­vres indi­gents.
Le suc ambré d’un vin, qu’on goû­te­rait au soir,
Lorsqu’on voit les val­lons trem­per leur déses­poir,
Et que, dans l’onde pure, en toi­les oni­ri­ques,
Se mêlent aux reflets tes vers mélan­co­li­ques ;
Ces soirs où tes rai­sins, de tant d’années muris,
S’épan­chant dans nos cœur, y trou­vent leurs abris,
Je bran­dis tes écrits aux étoi­les vaillan­tes,
Pour qu’on les pro­té­geât des cri­ti­ques saillan­tes.
Cyn­thia a bien sou­vent, de sa pâle chlo­rose,
Été seule lumière au jar­din de ma rose,
Et pour­tant la beauté, comme reli­gion,
S’exalta, par ton luth, en toute pas­sion,
Quand je lus tes pen­sées, impré­gnées dans leurs pages,
Et que leur mélo­die modu­lait les riva­ges,
Et d’eux tirant la flûte, et cueillant aux frai­siers
Des fruits frais, fre­don­nait la dou­ceur des bai­sers.

Ô voile du rêve

Dimanche, novembre 15 2009

J’ai depuis trop long­temps vogué, dans ce fri­mas,

Saisi de tes fris­sons je ser­rais ce bour­ras

Très fort, con­tre mon cœur.

 

J’ai vu trop d’alcyons, per­dus sur cette rive,

De ten­dresse éplo­rée dans l’onde mala­dive,

Se mou­rir en sou­pirs.

 

Je ne te retiens plus, rêve­rie poly­an­dre,

Je ne t’encom­bre plus de mon poids de Cas­san­dre,

Ni de mes tris­tes pleurs.

 

Dès que mon œil san­glant te verra s’éloi­gner,

Vou­lant vers ton image adve­nir se soi­gner,

Pourra-t-il s’y blot­tir ?

 

Oui, j’ai tout délaissé, pour tes appâts de miel,

Je fus prêt à souf­frir, à me per­dre en ton ciel,

A te livrer ma vie.

 

Main­te­nant que les vents souf­flent tes arti­mons,

Que ces mers de Cadix retien­nent tes timons,

Laisse-moi m’assou­pir.

 

Dans l’esquisse du temps s’estompe ton image,

Quand la mer lacry­male emporte ton ramage,

A l’aube de l’envie.

 

Ton mât cythé­réen roule vers l’hori­zon,

Sur ces flots lan­gou­reux, qu’enli­sent les sai­sons,

Piégé pour y crou­pir.

A.T sur le Mensonge

Mercredi, novembre 11 2009

Tou­jours dans la dou­ceur on voit muer l’hor­reur ;

Tou­jours dans nos espoirs on voit le déses­poir.

 

Est-ce que le naïf récon­forte le seul

Quand il le rend cap­tif et qu’il coud son lin­ceul ?

 

Est-ce que le men­songe arbore le velours

Quand il rend l’illu­sion de don­ner de l’amour ?

 

Pour­rai-je jamais croire aux mira­cles sou­dains

Si se déguise en or tout le froid du dédain ?

 

Une can­dide fleur inca­pa­ble du vrai

Vous peut-elle admi­rer sans n’être que l’ivraie ?

 

Pour­rai-je croire à l’ange ave­nant, aux péta­les,

Si tous ceux que je voie ne sont que des démons,

Qui dans leur indi­gence igno­rent tout le mal

Qu’ils jet­tent à ma face en leur indé­ci­sion ?

 

N’est-il pas mons­trueux de jouer par le men­songe,

De vou­loir le bon­heur en lui pas­sant la longe ?

Et peut-on recueillir en soi tou­tes les pei­nes,

Quand soi-même on vou­drait être aidé pour les sien­nes ?

 

La prière con­fuse a-t-elle le pou­voir

De cal­cu­ler le bien chez ce fol­let du noir ?

 

Et le trou­ble lui-seul ne s’empare-t-il pas,

Dans ma désillu­sion de ter­ri­bles appâts ?

 

Ce même trou­ble hagard n’est-il sou­vent pro­fus

Quand je fais ma prière, agacé ou con­fus ?

 

Et n’est-il pas abjecte en men­tant à mon cœur,

D’espé­rer l’illu­sion d’en sécher tous les pleurs ?

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