A propos de la poussée d'Archimède
" l'important est de savoir que tout corps plongé dans un liquide ressort mouillé et rien d'autre. "
Une autre âme s'en va
Un rocher dans la nuit essuyait des assauts ;
Au large, l'océan, combattait les vaisseaux.
On entendait au bord, couchée sur la rocade,
Pleurer une âme au souffle affaibli et malade.
Silencieuse et pâle, haletant de chagrin,
Elle envoyait en l'air, des sables quelques grains.
Ne trouvant d'autre ami que l'ombre de son corps,
Elle attendait la vague, elle enviait la mort.
Ses yeux fatigués étaient gorgés de sang,
Ses larmes donnaient l'air d'astres incandescents.
Sur les monts de ses joues, aux parures pourprés,
Quelques marques disaient : " Je m'endors dans les prés. ".
Les étoiles du ciel éclairaient ses cheveux,
Quelques unes filaient, l'âme feintait un voeu.
Mais tous ses mouvements, et sa pâle quiétude,
Suintaient l'isolement, et non la solitude.
Puis, d'un bond se levant, sur le haut du récif,
Cette âme se donna, en un saut impulsif,
A l'océan rageur, qui attendait sa proie,
Quand vingt mètres plus bas rougirent les parois,
Des funestes rochers, aux contours immortels,
Que des âmes fanées choisissent comme stèle.
La lumière éclatait, de quelques traits d'écume.
A l'est apparaissaient quelques filets de brume,
Révélant du soleil, le renouveau naissant,
Une aube vermillon, empourprée par le sang.
A.L.
Exil en terre d'amour
Mignonne, viens, car je t'attends ;
Partons plus loin qu'il ne se peut.
L'amour s'échappe, et fuit le temps,
Faisons de même, et faisons mieux.
Tu sais l'amour donne des ailes,
Alors décollons de ce pas.
Quitte à jouer les hirondelles,
Allons où personne ne va.
J'ai déja mon itinéraire,
Mais, je veux le suivre avec toi ;
Nous habiterons la clairière,
Que j'ai trouvé au fond d'un bois.
Tu dormiras sur la pelouse,
Tes cheveux sentiront la menthe.
Les orchidées seront jalouses,
De nos iris incandescentes.
Je m'en irai seul au matin,
Bien sur tu n'auras rien à craindre.
Ton réveil sera mon instinct,
Alors je reviendrai t'étreindre.
Pas un mistral, pas une brise,
Ne troubleront nos vies parfaites.
Et seules siffleront tes bises,
Que j'aime à souffrir par tempêtes.
Dieu existe, et nous le verrons,
Car notre ciel est sans nuage.
Il chassera les aquilons,
Le bonheur sera sans ombrage.
L'amour existe, il nous appelle.
Ouvrons nos coeurs il entrera.
Mignonne mon coeur te harcèle,
Viens vite pleurer dans mes bras.
A.L.
La Terre
Sentir sur soi souffler le vent vertigineux,
Au-dessus de l’abîme où la flamme se jette,
Respirer l’air sans fond du gouffre lumineux,
Quand la folie soudain de la peur est sujette…
Se demander alors si l’on fait une erreur
De ne pas se donner une nouvelle chance,
Laisser dans son esprit l’amour et la terreur
Livrer l’ultime rixe à sa désespérance…
Ce n’est qu’après cela, si le cœur a vaincu,
Que l’on peut respirer le parfum de l’envie ;
Souvent l’Homme inconscient du bonheur a vécu :
C’est qu’il ne savait pas comment aimer la vie.
Or pour la mériter je crois qu’il faut savoir
L’apprécier toujours, en chaque circonstance,
Ce n’est pas d’un bâfreur le négligé bavoir,
Qui devrait essuyer sa bile d’arrogance !
Et quand on voit ces gens, empreints de dérision,
Buvant à profusion l’eau par grandes gorgées,
Méprisants, profiteurs, à l’étroite vision,
Aux artères, toujours, par le fiel engorgées ;
Quand soi-même on admire un ciel qu’ils ne voient pas,
Et qu’on hume une fleur que le soir illumine,
Eux ne la sentent point : ils foulent de leurs pas
Pressés et noirs la vie qui, douce, s’albumine…
Si le silence sonne...
Si le silence sonne aux portes de tes lèvres,
Et que s’envolent loin tes sourires mièvres,
Tu sentiras au fond de ton cœur écrémé
Comme un relent de rage et de mort opprimé
Frapper sur un tambour que tu ne peux connaître
Et qui comme la haine en rancœur se voit naître.
Les vieux vallons
En asséchant les pleurs par lesquels il est mû,
Pendant que les rayons, aux souffles de l’automne,
Creusaient au cœur des monts leur sillon monotone,
Et que, dans le ciel pur, un nénuphar doré
Semblait faire défaut à ce monde adoré.
« Nous voilà de retour, à notre humble demeure,
Je t’en conjure, fils, pour jamais que ne meure
Cet horizon de vie sous un gris nuageux,
Promets-le moi, qu’ainsi que l’ont fait nos aïeux
Pour la postérité, tu l’auras conservée,
Et que, près de ton cœur, tu l’auras préservée.»
Ceci dit, s’en allant, il jeta vers le ciel
Ce regard si profond que seul connaît l’ariel ;
Je crus un bel instant qu’il allait outre-monde,
Tel un ange, quitter notre planète ronde.
Mais il se retourna juste à temps, souriant,
Tout au fond de lui-même, on le savait priant.
Nous restâmes assis quelques temps sur la terre
Pour oublier la vie que l’on trace à l’équerre,
Penser à la couleur, dessiner un contour,
Uniques à pouvoir s’imbiber de l’amour…
Et nous vîmes passer, dans le feu d’une larme,
Une lueur d’espoir et de vie qui nous charme…
Le soir sur la montagne allait bientôt tomber,
Et le soleil galant sous la nuit succomber ;
Nous étions toujours là, recomptant les étoiles,
Comme de petits caps dont nos légères voiles
Eussent secrètement découvert le chemin,
Et que nous eussions pris, sans penser à demain…
«Tu vois», reprit mon père, en regardant les plaines,
«Il est de sottes gens qui voudraient être reines,
Qui rêvent d’un palais où mille serviteurs
Eussent par dévotion joué les appariteurs,
Mais de simples forêts, collines et vallées,
Ces longues stries qu’en Haut l’on croit s’être en allées
Recèlent plus d’amour, et plus de vérité,
Que l’Homme aura jamais dans sa vulgarité.»
Le soir
Mon sombre monde où l’onde noire s’envenime,
C’est un bateau qui, bien longtemps, a navigué
Sur les eaux froides, sous la nuit, qui le décime,
Et qui ce jour, l’âme a rendu, trop fatigué…
Le bonheur vient, le bonheur va, s’en va, au ciel,
La nuit s’allonge, au loin les fleurs, en pleurs se fanent,
Il reste à l’âme un corps meurtri, cousu de fiel,
Et deux yeux bleus noircis de peine qui ricanent…
De usu servorum...
Vis avec un inférieur comme tu aimerais qu’un supérieur vive avec toi.
Sénèque, Lettre à Lucilius
A propos du courage
Le courage est le complément de la peur. Un homme qui est sans peur ne peux être courageux.
Robert Heinlein
A propos du Courage
La peur est ce qui gronde dans le courage ; la peur est ce qui pousse le courage au delà du but !
Alain (pas moi ! le philosophe !!!)
A propos du Courage
Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire
Georges Clemenceau
A propos du caractère
”Un être vivant veut avant tout déployer sa force” , Nietzsche
Fragment lunaire
La lune s’emmêlait et palissait au monde,
Prise dans le filet d’une toile profonde ;
Et lorsqu’on sentait l’air, dans le calme du soir,
Nos corps ondulaient blancs sous l’emprise du noir.
Vision d'un matin
Ils dessinent des cœurs, lointains verts embrumés,
Sous la coupole d’or d’un nuage éternel.
Les roses du jardin
Leurs visages tournés vers sa lande vermeil ;
Mais une encor plus belle est celle qui se tourne
Et qui préfère un vieux gris noirâtre muret.
Heartcatcher
Voit-on dans l’océan se mirer les étoiles
Lorsque le ciel étend sur le monde ses voiles !
C’est que souvent notre âme est semblable à la mer
Et que souvent elle a comme l’eau un reflet ;
Un reflet comme l’eau, qu’il soit blanc ou amer,
Que l’on surprend le soir dans un albe filet.
Il vogue dans un rêve et n’a nulle autre image
Que celle que donna au ciel un nuage.
Amour, Amitié
Ce que l’amour souvent emprunte à l’amitié
Il le rendra pourtant un jour à la pitié.
Le ciel
Le ciel est pour mes yeux comme un monde indolore,
Dans lequel une rose oublie d’être arrosée ;
Mais le vent chaleureux balaiera la rosée :
Le ciel a les reflets d’un vase soliflore.
Mortadelle
Quand elle s’approchait du ciel au matin
Elle laissait au vent sa robe de satin
On voyait dans ses yeux danser les hirondelles
Et d’immenses forêts. Elles étaient si belles !
Je dessinais dessus des cœurs rouges de sang.
Et j’aimais plus encor la sentir qui descend,
Qui glisse avec douceur sur ses membres fragiles
Elle avait le teint pâle et les mains peu agiles
Mais je me contentais de la savoir tout près
Si près que j’aurais pu savourer ses attraits.
Or moi je me réclame être homme trop civile
Pour livrer mon esprit à une idée si vile
Je préfère des yeux savourer mon trésor
Car il reste aussi beau malgré qu’il en soit mort.
« billets précédents - page 1 de 5