A propos de la poussée d'Archimède

Dimanche, août 22 2010

" l'important est de savoir que tout corps plongé dans un liquide ressort mouillé et rien d'autre. "

Une autre âme s'en va

Samedi, août 21 2010

Un rocher dans la nuit essuyait des assauts ;

Au large, l'océan, combattait les vaisseaux.

On entendait au bord, couchée sur la rocade,

Pleurer une âme au souffle affaibli et malade.

Silencieuse et pâle, haletant de chagrin,

Elle envoyait en l'air, des sables quelques grains.

Ne trouvant d'autre ami que l'ombre de son corps,

Elle attendait la vague, elle enviait la mort.

Ses yeux fatigués étaient gorgés de sang, 

Ses larmes donnaient l'air d'astres incandescents.

Sur les monts de ses joues, aux parures pourprés,

Quelques marques disaient : " Je m'endors dans les prés. ".

Les étoiles du ciel éclairaient ses cheveux,

Quelques unes filaient, l'âme feintait un voeu.

Mais tous ses mouvements, et sa pâle quiétude,

Suintaient l'isolement, et non la solitude.

Puis, d'un bond se levant, sur le haut du récif,

Cette âme se donna, en un saut impulsif,

A l'océan rageur, qui attendait sa proie,

Quand vingt mètres plus bas rougirent les parois,

Des funestes rochers, aux contours immortels,

Que des âmes fanées choisissent comme stèle.

La lumière éclatait, de quelques traits d'écume.

A l'est apparaissaient quelques filets de brume,

Révélant du soleil, le renouveau naissant,

Une aube vermillon, empourprée par le sang.

 

 A.L.

Exil en terre d'amour

Mignonne, viens, car je t'attends ;
Partons plus loin qu'il ne se peut.
L'amour s'échappe, et fuit le temps,
Faisons de même, et faisons mieux.

Tu sais l'amour donne des ailes,
Alors décollons de ce pas.
Quitte à jouer les hirondelles,
Allons où personne ne va.

J'ai déja mon itinéraire, 
Mais, je veux le suivre avec toi ;
Nous habiterons la clairière, 
Que j'ai trouvé au fond d'un bois.

Tu dormiras sur la pelouse,
Tes cheveux sentiront la menthe.
Les orchidées seront jalouses,
De nos iris incandescentes.

Je m'en irai seul au matin,
Bien sur tu n'auras rien à craindre.
Ton réveil sera mon instinct,
Alors je reviendrai t'étreindre.

Pas un mistral, pas une brise,
Ne troubleront nos vies parfaites.
Et seules siffleront tes bises,
Que j'aime à souffrir par tempêtes.

Dieu existe, et nous le verrons, 
Car notre ciel est sans nuage.
Il chassera les aquilons,
Le bonheur sera sans ombrage.

L'amour existe, il nous appelle.
Ouvrons nos coeurs il entrera.
Mignonne mon coeur te harcèle,
Viens vite pleurer dans mes bras.

A.L.

La Terre

Jeudi, juillet 8 2010

Sen­tir sur soi souf­fler le vent ver­ti­gi­neux,
Au-des­sus de l’abîme où la flamme se jette,
Res­pi­rer l’air sans fond du gouf­fre lumi­neux,
Quand la folie sou­dain de la peur est sujette…
Se deman­der alors si l’on fait une erreur
De ne pas se don­ner une nou­velle chance,
Lais­ser dans son esprit l’amour et la ter­reur
Livrer l’ultime rixe à sa déses­pé­rance…
Ce n’est qu’après cela, si le cœur a vaincu,
Que l’on peut res­pi­rer le par­fum de l’envie ;
Sou­vent l’Homme incons­cient du bon­heur a vécu :
C’est qu’il ne savait pas com­ment aimer la vie.
Or pour la méri­ter je crois qu’il faut savoir
L’appré­cier tou­jours, en cha­que cir­cons­tance,
Ce n’est pas d’un bâfreur le négligé bavoir,
Qui devrait essuyer sa bile d’arro­gance !
Et quand on voit ces gens, empreints de déri­sion,
Buvant à pro­fu­sion l’eau par gran­des gor­gées,
Mépri­sants, pro­fi­teurs, à l’étroite vision,
Aux artè­res, tou­jours, par le fiel engor­gées ;
Quand soi-même on admire un ciel qu’ils ne voient pas,
Et qu’on hume une fleur que le soir illu­mine,
Eux ne la sen­tent point : ils fou­lent de leurs pas
Pres­sés et noirs la vie qui, douce, s’albu­mine…

Si le silence sonne...

Samedi, juillet 3 2010

Si le silence sonne aux por­tes de tes lèvres,
Et que s’envo­lent loin tes sou­ri­res miè­vres,
Tu sen­ti­ras au fond de ton cœur écrémé
Comme un relent de rage et de mort opprimé
Frap­per sur un tam­bour que tu ne peux con­naî­tre
Et qui comme la haine en ran­cœur se voit naî­tre.

Les vieux vallons

Vendredi, juin 25 2010
«Vieux val­­lons !» s’écria mon père tout ému,
En assé­­chant les pleurs par les­­quels il est mû,
Pen­­dant que les rayons, aux souf­­fles de l’automne,
Creu­­saient au cœur des monts leur sillon mono­­tone,
Et que, dans le ciel pur, un nénu­­phar doré
Sem­­blait faire défaut à ce monde adoré.

« Nous voilà de retour, à notre hum­­ble demeure,
Je t’en con­jure, fils, pour jamais que ne meure
Cet hori­­zon de vie sous un gris nua­­geux,
Pro­­met­s-le moi, qu’ainsi que l’ont fait nos aïeux
Pour la pos­­té­­rité, tu l’auras con­­ser­­vée,
Et que, près de ton cœur, tu l’auras pré­­ser­­vée.»

Ceci dit, s’en allant, il jeta vers le ciel
Ce regard si pro­­fond que seul con­­naît l’ariel ;
Je crus un bel ins­­tant qu’il allait outre-monde,
Tel un ange, quit­­ter notre pla­­nète ronde.
Mais il se retourna juste à temps, sou­­riant,
Tout au fond de lui-même, on le savait priant.

Nous res­­tâ­­mes assis quel­­ques temps sur la terre
Pour oublier la vie que l’on trace à l’équerre,
Pen­­ser à la cou­­leur, des­­si­­ner un con­­tour,
Uni­­ques à pou­­voir s’imbi­­ber de l’amour…
Et nous vîmes pas­­ser, dans le feu d’une larme,
Une lueur d’espoir et de vie qui nous charme…

Le soir sur la mon­­ta­­gne allait bien­­tôt tom­­ber,
Et le soleil galant sous la nuit suc­­com­­ber ;
Nous étions tou­­jours là, recomp­­tant les étoi­­les,
Comme de petits caps dont nos légè­­res voi­­les
Eus­­sent secrè­­te­­ment décou­­vert le che­­min,
Et que nous eus­­sions pris, sans pen­­ser à demain…

«Tu vois», reprit mon père, en regar­­dant les plai­­nes,
«Il est de sot­­tes gens qui vou­­draient être rei­­nes,
Qui rêvent d’un palais où mille ser­­vi­­teurs
Eus­­sent par dévo­­tion joué les appa­­ri­­teurs,
Mais de sim­­ples forêts, col­­li­­nes et val­­lées,
Ces lon­­gues stries qu’en Haut l’on croit s’être en allées
Recè­­lent plus d’amour, et plus de vérité,
Que l’Homme aura jamais dans sa vul­­ga­­rité.»

Le soir

Samedi, juin 19 2010

Mon som­bre monde où l’onde noire s’enve­nime,
C’est un bateau qui, bien long­temps, a navi­gué
Sur les eaux froi­des, sous la nuit, qui le décime,
Et qui ce jour, l’âme a rendu, trop fati­gué…

Le bon­heur vient, le bon­heur va, s’en va, au ciel,
La nuit s’allonge, au loin les fleurs, en pleurs se fanent,
Il reste à l’âme un corps meur­tri, cousu de fiel,
Et deux yeux bleus noir­cis de peine qui rica­nent…

De usu servorum...

Samedi, mai 22 2010
“Sic cum infe­riore vivas, que­mad­mo­dum velis super­io­rem tecum vivere.”

Vis avec un infé­rieur comme tu aime­rais qu’un supé­rieur vive avec toi.

Sénè­que, Let­tre à Luci­lius

A propos de la dignité

Mercredi, mai 19 2010

“Le cou­rage est le prix de la dignité.”

Pierre Billon

A propos du courage

Lundi, mai 17 2010


Le cou­rage est le com­plé­ment  de la peur. Un homme qui est sans peur ne peux  être cou­ra­geux.

Robert Hein­lein

A propos du Courage

La peur est ce qui gronde dans le cou­rage ; la peur est ce qui pousse le cou­rage au delà du but !

Alain (pas moi ! le phi­lo­so­phe !!!)

A propos du Courage


Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut  avoir le cou­rage de le dire ; quand on le dit, il faut  avoir le cou­rage de le faire

Geor­ges Cle­men­ceau

A propos du caractère

Dimanche, mai 16 2010


 Un être vivant veut avant tout déployer sa force” , Nietz­sche

Fragment lunaire

Lundi, mai 3 2010

La lune s’emmê­lait et palis­sait au monde,

Prise dans le filet d’une toile pro­fonde ;

Et lorsqu’on sen­tait l’air, dans le calme du soir,

Nos corps ondu­laient blancs sous l’emprise du noir.

Vision d'un matin

Ils des­si­nent des cœurs, loin­tains verts embru­més,

Sous la cou­pole d’or d’un nuage éter­nel.

Les roses du jardin

Les roses du jar­din regar­dent le soleil,
Leurs visa­ges tour­nés vers sa lande ver­meil ;
Mais une encor plus belle est celle qui se tourne
Et qui pré­fère un vieux gris noi­râ­tre muret.

Heartcatcher

Voit-on dans l’océan se mirer les étoi­les
Lors­que le ciel étend sur le monde ses voi­les !
C’est que sou­vent notre âme est sem­bla­ble à la mer
Et que sou­vent elle a comme l’eau un reflet ;
Un reflet comme l’eau, qu’il soit blanc ou amer,
Que l’on sur­prend le soir dans un albe filet.
Il vogue dans un rêve et n’a nulle autre image
Que celle que donna au ciel un nuage.

Amour, Amitié

Ce que l’amour sou­vent emprunte à l’ami­tié

Il le ren­dra pour­tant un jour à la pitié.

Le ciel

Samedi, mai 1 2010

Le ciel est pour mes yeux comme un monde indo­lore,

Dans lequel une rose oublie d’être arro­sée ;

Mais le vent cha­leu­reux balaiera la rosée :

Le ciel a les reflets d’un vase soli­flore.

Mortadelle

Samedi, avril 17 2010

Quand elle s’appro­chait du ciel au matin
Elle lais­sait au vent sa robe de satin
On voyait dans ses yeux dan­ser les hiron­del­les
Et d’immen­ses forêts. Elles étaient si bel­les !
Je des­si­nais des­sus des cœurs rou­ges de sang.
Et j’aimais plus encor la sen­tir qui des­cend,
Qui glisse avec dou­ceur sur ses mem­bres fra­gi­les
Elle avait le teint pâle et les mains peu agi­les
Mais je me con­ten­tais de la savoir tout près
Si près que j’aurais pu savou­rer ses attraits.
Or moi je me réclame être homme trop civile
Pour livrer mon esprit à une idée si vile
Je pré­fère des yeux savou­rer mon tré­sor
Car il reste aussi beau mal­gré qu’il en soit mort.

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